Les Aigles de Wildhammer

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 La malédiction de Mogdud

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Thordrim
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MessageSujet: La malédiction de Mogdud   Ven 15 Aoû 2008 - 20:27

Cela faisait maintenant six jours que Grim Batol était assiégée de toutes parts par les Sombrefer. La porte n’avait pas cèder à leurs machines de guerre.
Pourtant Khardros avait l’air inquiet et cela affectait visiblement le garde qui restait toujours à ses cotés.
Lui souriant, il se rappela le jour où il avait sauvé celui-ci d’une mort certaine, alors que son griffon avait été abattu par les flèches des trolls. Ce n’est qu’en piquant avec son propre griffon et en risquant de s’écraser au sol qu’il l’avait rattrapé. Depuis ce jour, celui-ci lui avait promis de lui rendre la pareille et ne le quittait plus. Il avait plusieurs fois décliné les avances d’une jolie naine du clan pour rester à ses cotés.
Khardros songea, un léger sourire aux lèvres, que son fidèle garde était à peine plus doué avec les femmes qu’avec un marteau-tempête. Il avait brisé tant de chose avec ce marteau avant de l’abandonner et de se contenter dépité d’un fusil. Avec cette arme cependant, peu nombreux étaient les éclaireurs Marteau-Hardis qui pouvait lui disputer son adresse.

Son sourire s’effaça. L’aide des hommes et des Barbebronze devait encore être loin au sud et toute la nuit il avait entendu psalmodier la femme de Thaurissan au dehors. Elle s’était tue à l’aurore et un silence plein d’une sombre menace s’était installé dans les couloirs de la forteresse. Ce fut alors que des ombres, invoquées par la sorcière Mogdud, sortirent de sous le sol du grand hall encore protégé par la lourde porte de fer. Les gardes Marteau-Hardis étaient figés de stupeur. Les formes noires se ruèrent sur eux déchirant la chair de leurs griffes et les âmes de leurs cris effroyables.
En quelques minutes des dizaines de cadavres de nains jonchaient déjà le sol dallé du hall et la plus grande des ombres actionnait le mécanisme de la porte libérant le passage aux premiers Sombrefer, Mogdud riant sauvagement à leur tête.

Khardros alerté par les cris mêlés, de douleur, de peur et ceux, ignobles, des ombres, se précipita en hurlant vers le hall, talonné par son garde. Ils entraînèrent au passage tous les guerriers qu’ils purent trouver. Il ne fallait pas que la citadelle soit investie avant que les renforts ne soient là.

Il trouva Mogdud dans le hall où ses ombres avaient fait un désastre. Une centaine de corps déchiquetés couvraient le sol. Elle se tenait accroupie au-dessus d’un cadavre, trempant quelque chose dans son sang. Les ombres rampantes se repaissaient sur les morts alentours. Le voyant arriver, elle se redressa. Derrière elle, étaient quelques Sombrefer silencieux, attendant un ordre de leur reine.

Khardros fut subjugué par la rage. Celle-ci commença également à affecter son marteau qui se couvrait de petits éclairs crépitants. Il s’adressa à Mogdud en hurlant.

« Comment peux tu faire une chose pareille à tes proches cousins ! Toi et Thaurissan êtes devenus complètement fous. Que votre soif de pouvoir soit maudite … »

« Mais c’est toi, mon cousin, qui va être maudit par le sang de tes frères et qui décorera bientôt mon palais ! » dit-elle, en armant le bras. Un sourire sadique lui barrait le visage d’une horrible grimace.

Son bras se détendit et c’est alors qu’une détonation sourde perça le tympan de Khardros. Mogdud pivota sous l’impact qui lui avait atteint la poitrine. La chose ensanglantée qu’elle avait projeté passa à quelques centimètres du visage du Haut Thane alors que son marteau volait vers la tête de l’épouse de Thaurissan. Son visage se figeât dans une expression de surprise avant d’éclater comme un fruit trop mur et d’être consumé par la foudre.

Les ombres disparurent aussitôt dans un cri formidable, simulacre d’un rire.
Les gardes Sombrefer étaient hébétés de stupeur devant le corps de leur reine, morte à leurs pieds. Puis reprenant leurs esprits, ils firent demi tour et fuirent à toutes jambes sans même emmener le corps de leur reine.

Le bruit sourd et métallique d’un fusil heurtant le sol tira Khardros de sa transe. Se retournant il aperçu son garde qui peinait à respirer. Ses mains et son visage avait pris la teinte de la roche. Seule une tache de sang sur la joue trahissait qu’il avait été touché par le projectile que Mogdud destinait au Haut Thane des Marteau-Hardis. La chair du nain avait l’air de se solidifier à partir de cette tâche. Dans un murmure, il souffla quelques mots.

« J’ai pu accomplir mon devoir à vos cotés, Thane, continuez à protéger nos frères »

Sa voix mourut totalement et son regard se figea dans la pierre. Le maléfice de Mogdud avait fait son effet.

Les nuits suivantes furent sans repos pour les Marteau-Hardis, leurs rêves étaient hantés par les cris des leurs qui étaient morts dans le hall. Khardros décida alors qu’ils leur fallaient quitter leur citadelle pour aller plus au nord. Les Marteaux-hardis prirent ce qu’ils pouvaient emporter et quittèrent Grim Batol, laissant la porte de la citadelle fermée sur la crypte qu’elle était devenue.

Son dernier gardien en serait le fidèle garde du Haut Thane Khardros figé dans la pierre.

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Thordrim Main-de-pierre

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MessageSujet: Re: La malédiction de Mogdud   Ven 15 Aoû 2008 - 23:43

Drakk venait de livrer des peaux de loup à Forgefer. Il régnait une douce chaleur dans toute la cité jusqu’à la gigantesque porte. Par contre, il avait toujours beaucoup de mal à supporter la fournaise qui régnait autour de la Grande Forge. Chaque fois, il devait se faire violence pour venir livrer Ecorchepierre. Draak essuya la sueur de son front du revers de la main et pesta.

« Pourquoi donc ce fichu nain a donc établi son échoppe aussi prés de la forge ! »

Cela fit sourire une naine qui passait à sa hauteur. Il n’y connaissait pas grand-chose mais à sa robe ce devait être une prêtresse. Cela lui fit penser à Niorma qui attendait son retour. Elle était moins sophistiquée que cette naine mais n'en aimait pas moins les attentions. Il s’éloigna rapidement de l’échoppe pour se diriger vers la grande place. Apercevant une humaine qui vendait des fleurs, il en acheta quelques une. Elle apprécierait certainement. Surtout qu’en plein hiver, en dehors de ces fleurs venues du sud, il n’aurait pas grande chance d’en trouver dehors.
Drakk franchit la porte monumentale en songeant que les siens avait vécu ici avant de partir s’établir d’abord à Grim Batol puis par la suite sur le pic Aerie. Les Marteau-Hardis étaient bien mieux où ils étaient dorénavant. Ils aimaient trop la nature et étouffaient rapidement dans les cités souterraines de leurs cousins.

Une bourrasque de neige et un vent glacial l’accueillirent sur le promontoire. Quelques gardes y battaient du pied pour se réchauffer comme ils pouvaient devant des braseros.
Un cri puissant attira son regard sur le coté. Ailes-de-givre son griffon blanc, l’avait vu arriver.
Se dirigeant vers lui, courbé par le vent, Drakk se dit qu’il aurait bien du mal à franchir la montagne par ce temps. Il allait donc faire un détour et rester à basse altitude dans la vallée. Passer par le Loch serait bien moins risqué pour son griffon.
Il flatta la tête d’Ailes-de-givre qui venait d’arracher son licol des mains du garde qui s’occupait de lui en attendant son retour. Le griffon piqueta gentiment du bec la barbe du nain avec un petit cri de joie. Drakk rit et enfourcha le griffon qui s’élança aussitôt dans les airs. Il piqua dans la vallée de Dun Morogh suivant l’idée de son cavalier. Les arbres enneigés défilaient sous eux à vive allure.
Drakk poussa un puissant cri auquel la montagne rendit un écho étouffé par le blizzard. Aile-de-givre accéléra encore. Ils arrivaient déjà vers la région plus chaude du Loch Modan où le vent et les bourrasques de neiges faiblirent, il survola Thelsamar puis le Loch. Il apercevait déjà le barrage.
Ils passérent devant la statue gigantesque de Khardros que Drakk salua au passage du cri de guerre des Marteau-Hardis.
Grim Batol, l’ancienne forteresse des siens sortait de la brume sur sa droite. Un pincement au cœur, il regardait la grande porte de fer fermée depuis des siècles. Quelque chose attira son regard. Il intima au griffon une trajectoire circulaire pour mieux voir et découvrit trois montures. Celles-ci appartenaient à des orcs Gueules-de-dragon qui avaient violé l’ancienne forteresse pour la piller.
Deux d’entre eux chargeait déjà un lourd fardeau sur une monture alors qu’un troisième, l’ayant aperçu, sembla arracher un fusil de leur paquet. Drakk de cette hauteur ne put rien distinguer de celui-ci enveloppé qu’il était dans une toile grossière.
Il ne pouvait pas laisser ces orcs piller ce qui était maintenant un tombeau pour ses ancêtres. Il saisit son marteau et le lança avec force sur un des orcs occupé à charger.
A l’impact, un coup de tonnerre s’abattit sur l’orc qui tomba raide mort, leur fardeau roulant à terre. Le deuxième fut projeté à deux mètres de là à moitié mort. Drakk rattrapa le marteau d’une main sure alors que son griffon effectuait un virage pour le deuxième assaut. Il cherchait des yeux le troisième adversaire quand une balle siffla près de son visage lui écorchant la tempe.
Cet orc l’avait raté de peu se dit-il. Il ne lui laissa pas la chance d’essayer à nouveau, le marteau le cloua au sol dans un grésillement d’éclairs.
Il se posa à proximité et s’approcha du dernier orc qui rampait sur le sol vers une monture, encore fumant et parcouru d’étincelles. Il leva son marteau puis l’abattit sur le crâne du blessé.

« Pas de pitié pour les pilleurs de tombes ! »

Sa colère disparut avec la mort du dernier orc.
Son regard fut attiré par le chargement des orcs qui dévalait maintenant la pente en direction de la falaise. Il courut mais ne pu le rattraper avant qu’il ne bascule vers le petit lac en contrebas. Avant de remonter sur son griffon pour récupérer le chargement perdu, il saisit le fusil qui avait failli le tuer. Le fusil avait été brisé par le choc du marteau. Il n’était certainement pas de manufacture orque, un nom était gravé sur la joue de la crosse dans la langue des nains.

Il enfourcha Ailes-de-givre et piqua vers le lac en contrebas où gisait le butin des orcs.
Celui-ci avait échoué dans sur le bord et était à moitié dans l’eau. Seuls quelques lambeaux de toile recouvraient encore le butin des orcs. La statue d’un nain figé dans une étrange pause. Drakk chargea comme il put la statue du nain sur son griffon. Les orcs s’étaient certainement dit qu’elle ornerait la hutte de leur chef comme un trophée.
Il reprit les airs avec pour idée de rendre la statue à la cité de ses ancêtres mais quelque chose l’intriguait dans celle-ci. Jamais il n’avait vu une sculpture aussi détaillée et avec autant de vérité.
Cela le tourmentait mais il repris la direction du nord sans redéposer son fardeau à sa place. Après tout, si des orcs étaient déjà venus une fois, il risquait d’en venir d’autres. La statue serait plus en sécurité au Nid-de-l’Aigle parmi les siens. L’idée qu’un Marteau-Hardi puisse décorer la hutte d’un orc le fit frémir. Falstad, de toute façon, lui dirait que faire à son arrivée.

Maintenant il n’avait plus qu’à franchir le Thandol et il serait bientôt parmi les siens.

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Thordrim Main-de-pierre

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MessageSujet: Re: La malédiction de Mogdud   Sam 16 Aoû 2008 - 12:37

Garush et ses deux frères étaient maintenant arrivés au pied de l’ancienne citadelle de Grim Batol. Il y avait maintenant un mois qu’ils avaient été bannis du clan par sa faute. Nek’rosh, leur chef, voulait s’attaquer ouvertement à Menethil. Garush s’était opposé à lui, suggérant que c’était une mauvaise idée. Les Gueules-de-dragon allaient aussitôt subir les représailles des forces de l’Alliance et ils n’avaient pas les forces nécessaires pour résister. Zuluhed les avait abandonné quelques années avant et se trouvait maintenant à Draenor avec leurs guerriers les plus vaillants. La Porte Noire avait été fermée. Plus jamais, il n’aurait d’aide de ce coté. Zuluhed était un chef sans pitié pour les Gueules-de-dragon, mais il était bien plus intelligent que Nek’rosh son lieutenant. Il n’aimait pas Nek’rosh, ni Zuluhed non plus d’ailleurs, mais le dernier avait au moins son respect. Pourquoi ses chefs avaient tous deux décidé de frayer avec des démons. Il haïssait les démons.
Garush se ressaisit.

Lui et ses frères erraient maintenant depuis qu’ils avaient été bannis. Après avoir risqué plusieurs fois de se faire tuer par de petites troupes de l’Alliance, il avait décidé de venir se réfugier près de l’ancienne citadelle. Depuis des années, elle était gardée par des draconides du vol rouge. Garush préférait la proximité des draconides, les Gueules-de-dragon les connaissaient bien et savaient à quoi s’attendre avec l’engeance des dragons, pas comme avec les humains, les elfes et autres nains. Il avait quand même un vague respect pour les nains. Ceux-ci ne se battaient pas pour les conquêtes mais si on s’attaquait à leurs terres, ils devenaient parmi les plus féroces adversaires.
Cette idée ne vint pas le réconforter. Ils allaient faire quelque chose qu’il exécrait, déranger et dérober aux morts. C’était la seule idée qui lui était venu pour retrouver leur place au sein du clan. Nek’rosh leur pardonnerait sûrement si il lui offrait un trophée pour orner sa hutte.
Garush détestait sa vanité. Quel chef pitoyable.

Lui et ses frères avaient franchis les patrouilles draconides sans se faire repérer et étaient arrivés devant la grande porte de métal de l’ancienne cité naine. C’était l’hiver et la brume en contrebas couvrait leur méfait. Il y avait encore quelques débris épars d’une ancienne bataille.
Garush saisit une barre de métal qui traînait et appela ses frères. Ils s’arc-boutèrent tout trois sur la barre pour faire bouger la porte. Rien.
Garush poussa un grognement au risque de se faire repérer et poussa de plus belle. La porte grinça et s’entrouvrit dans une plainte métallique. Elle n’était donc pas fermée de l’intérieur.
Un frisson parcouru l’échine des trois orcs. Ils sentaient la réprobation des morts qu’ils étaient entrain de déranger. L’ouverture était assez grande pour qu’ils puissent passer.
Garush prit une grande inspiration pour rassembler son courage et se glissa à l’intérieur, suivi de près par ses frères.
Ils étaient dans un grand hall, des ossements jonchaient le sol un peu partout et il y régnait un froid glacial. Une chose attira le regard de Garush. Au milieu du hall, il y avait une statue étrange. Un nain agenouillé par l’épuisement, un fusil à la main. Le fusil n’avait pas été sculpté dans la pierre mais était une vraie arme. Etrange.
Garush se dit que la statue serait parfaite pour amadouer Nek’rosh. Il ne voulait pas traîner plus longtemps dans ce tombeau. Il jeta une lourde toile sur le nain et aidé d’un des ses frères souleva la statue. Ils prirent aussitôt le chemin de la sortie. Ce fut un grand soulagement qui l’accueilli au dehors.
Garush et Taresh soulevèrent la statue pour la charger sur une monture quand Ag’rosh se saisi et arracha brutalement le fusil des mains du nain de pierre.
Garush n’eut pas le temps de comprendre, il fut projeté à terre dans un bruit de tonnerre et un éclair blanc. Tous ses muscles étaient tétanisés et un sifflement aigu lui vrillait le crâne.
Taresh gisait à sa gauche la cage thoracique enfoncée et brûlée. Il commençait juste à réaliser qu’ils avaient été surpris quand une détonation éclata sur sa droite. Ag’rosh venait de tirer sur un assaillant venu des airs. Il l’avait raté. Le nain monté sur un griffon blanc revenait à la charge, le marteau haut au dessus de l’épaule. Le bras du nain se détendit et un éclair blanc zébra le ciel suivit d’un autre coup de tonnerre. Ag’rosh n’était plus.
Garush rampa vers ses frères, il les avait entraîné vers la mort. Il allait bientôt les rejoindre.
Il entendait déjà les pas du nain s’approcher.
Garush se retourna pour voir venir la mort. Le nain était au dessus de lui, le bras levé, un marteau grésillant à la main. Un Marteau-Hardi et son marteau-tempête. Les morts se vengeaient.
Il entendit le nain dire quelque chose qu’il ne comprit pas et la dernière chose qu’il vit fut un éclair blanc.

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MessageSujet: Re: La malédiction de Mogdud   Dim 17 Aoû 2008 - 16:34

Depuis combien de temps était il là ? Cent ans, deux cents ? Peut être plus encore.
Il avait l’étrange impression de sentir le temps s’écouler sans être certain de le ressentir.
Qui était il ? Qu’était il ? Il n’en avait pas le souvenir. Pas le moindre.
Tout était noir. Tout était silencieux. Il ne sentait rien.
Depuis combien de temps était il là ?
Les mêmes questions sans réponses. Sans cesse. Aucun repère.
Des présences.
Des présences ? Il sentait trois présences.
Avait-il jamais senti des présences ? Il ne se rappelait pas.
Elles étaient plus proches, plus puissantes. Inamicales. Comme des lueurs ténues et menaçantes dans le noir.
Elles l’entouraient. Que voulaient elles ?
Elles n’étaient plus que deux. Elles s’éloignaient.
Plus qu’une.
De nouveau une autre.
Puis plus qu’une.
Qu’étaient donc ces présences qui apparaissaient puis disparaissaient ?
Il ne savait pas. Il ne percevait rien d’autre.
La présence s’éloignait.
Elle disparue.
Tout était noir. Tout était silencieux. Il ne sentait rien.
Depuis combien de temps était il là ?
Qui était il ? Qu’était il ?
Une présence.
Il avait déjà senti des présences. Il ne savait pas quand. Il se rappelait maintenant.
Trois présences inamicales puis une quatrième avant que les trois autres ne s’effacent.
Celle-ci était amicale.
Tout était gris.
Il avait froid.
Une douleur lancinante.
Que se passait il ? Il ne se rappelait pas d’avoir jamais eu ni froid ni chaud ni même mal.
Tout était blanc maintenant. Aveuglant.
Il avait froid mais sentait une chaleur toute proche.
La présence était toujours là. Toute proche.
Le vent sifflait. Assourdissant.
Une douleur fulgurante. La lumière était insoutenable.
Il gémit.

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MessageSujet: Re: La malédiction de Mogdud   Lun 18 Aoû 2008 - 14:16

Ils venaient de franchir le Thandol et filait maintenant au nord ouest vers le mur de Thoradin. Le vent sifflait toujours à ses oreilles quand Ailes-de-givre poussa un cri aigu. Drakk sentit lui aussi que quelque chose se passait, un frisson lui avait parcouru l’échine. Il fouilla le ciel autour de lui, puis le sol. Le mur était tout proche. Aucune menace n’était visible. Noyé dans le sifflement du vent, Drakk sembla soudain percevoir une faible plainte. C’était venu de derrière lui. Son regard sonda le lointain. Il n’y avait rien. Rien d’autre que les nuages bas et blanchâtres de l’hiver sur les terres d’Arathi.
Son regard fut attiré par quelque chose tout proche.
Avait il rêvé ? Il lui avait semblé voir un mouvement imperceptible.
Non, il ne rêvait pas. La toile enveloppant son chargement avait bougé de nouveau.
Il intima à son griffon de rejoindre le sol au plus vite.
Que se passait-il ?

Il était pourtant certain que son chargement était inerte quand il l’avait attaché sur le griffon.

Ailes-de-givre, courba sa trajectoire et se cabra pour amortir l’impact. Ils étaient posés. Le griffon semblait fébrile et s’agitait. Drakk sauta à terre et libéra le chargement de ses liens, celui-ci roula au sol s’échappant de la toile. Aussitôt cela calma le griffon.

Ils étaient maintenant protégés du vent par le mur et l’endroit était désert. Seules les silhouettes des arbres se détachaient dans le brouillard.

Drakk s’approcha précautionneusement, la main sur son marteau, de la forme humanoïde qui gisait sur le sol. Il resta stupéfait. Ce n’était plus une statue de pierre qui se trouvait devant lui mais un nain aussi pâle qu’un cadavre.
Drakk détailla le nain allongé devant lui. Il était d’âge mur. Peut être un peu plus jeune que lui. Ses cheveux noirs légèrement parcourus d’argent étaient tirés en arrière en une longue natte. Sa barbe était réduite à un bouc natté lui aussi et laissait apparaître ses joues rasées. Sur la joue gauche, il avait une marque floue, un peu plus sombre que la peau. Celle-ci reprenait une teinte halée plus naturelle.
Ses paupières venaient de ciller et les lèvres du nain s’entrouvrirent en un gémissement étouffé.
Drakk relâcha l’étreinte sur son marteau, le nain n’avait pas d’arme. Seule une giberne pendait à son coté ainsi que l’étui vide d’un coutelas.
Le nain était agité de tremblements. Il faisait froid et son armure de cuir n’était pas ce qu’il y avait de mieux. Drakk le couvrit de la toile. Ils ne devaient pas traîner ici, ils étaient trop près du fort de Durn. Drakk n’aimait pas cet endroit. Il souleva le nain pour le mettre en selle sur le griffon. Ailes-de-givre s’était calmé et poussait des petits cris plaintifs en l’aidant de la tête à hisser le passager. Comme il était inconscient, Drakk du se résoudre à l’attacher en selle. Ils étaient de toute façon bientôt arrivés.

Peu de temps après il se posait au Nid-de-l’Aigle. Hachegriffe l’aida à descendre le nain inconscient du dos d’Ailes-de-givre puis s’occupa du griffon.
Drakk descendait maintenant vers la forteresse, son passager en travers des épaules. La citadelle était déserte en dehors de quelques gardes qui le saluaient au passage. Falstad était parti la veille, avait-il appris, avec le gros des troupes mener une expédition punitive contre les trolls Vilebranche.
Niorma vint au devant de lui et se précipita pour l’aider à allonger le nain sur un lit.
Sans un mot, il tendit les fleurs qu’il avait achetées. Niorma sourit et l’embrassa tendrement. Jamais il n’avait été un grand bavard mais ses gestes parlaient pour lui.
Elle regarda le nain puis Drakk d’un air interrogateur. Il lui raconta à voix basse ce qui s’était passé pendant son retour de Forgefer. Le survol de Grim Batol, les orcs et la statue de pierre, puis en chemin cette impression bizarre et ce nain à la place d’une statue.

Le nain gémit et entrouvrit les yeux, les refermant aussitôt. La douleur était visible sur ses traits crispés.

« Où … où suis-je ? » murmura le nain d'une voix étouffée

Ses lèvres étaient ridées par la soif. Niorma s’éloigna pour chercher de l’eau.

Drakk réfléchi un instant. Ce nain ne devait pas connaître le Nid-de-l’Aigle.

« En sécurité mon gars. » dit-il simplement

Niorma revint avec une écuelle remplie d’eau et tamponna la bouche du nain d’un linge imbibé. La douleur s’effaçait doucement des traits du nain.

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MessageSujet: Re: La malédiction de Mogdud   Lun 18 Aoû 2008 - 19:17

Il avait eu froid mais maintenant il était bien. Il commençait à prendre conscience de son corps, il sentait des picotements provoqués par la circulation de son sang. Il entrouvrit les yeux mais il eu alors l’impression qu’on lui enfonçait dedans des aiguilles. La lumière le blessait. Il entraperçu un visage flou penché sur lui avant de refermer les paupières.

« Où … où suis-je ? » Murmura-t-il.

Il espérait intérieurement ne pas être dans l’au-delà. Ses lèvres douloureuses et une voix assourdie le rassurèrent.

« En sécurité mon gars. » entendit-il.

On lui tamponnait un linge humide sur la bouche. Cela faisait beaucoup de bien. Il avait soif.
La lumière à travers ses paupières commençait à être moins douloureuse. Une douce odeur de fleurs lui taquinait le nez. Il commençait à sentir son corps, la douleur des picotements refluait. Qu’était-il ? Qui était-il ?

Toujours aucune réponse. Il y avait si longtemps. Il avait oublié.

« Visiblement tu es un nain, mon gars » entendit-il, surpris. Il avait du parler en se posant la question.

Un rire féminin. Son protecteur n’était pas seul.

« Mais qui tu es, je ne saurais le dire »

Il entrouvrit les yeux. C’était encore douloureux mais supportable. Deux visages sortaient doucement du brouillard qui altérait sa vue. Il n’avait rien perçu depuis si longtemps. Combien ? Etrangement de cela il en avait conscience. Plus de deux siècles !
Il était atterré. Tout ce temps. Il cherchait mais ne se rappelait rien d’autre.
Les visages penchés sur lui le scrutaient. Le visage marqué d’un nain à la barbe noire comme l’encre et celui plus doux d’une naine aux cheveux auburn. Il leva difficilement une main qu’il regarda. Courte et large, comme son torse qu’il regardait maintenant. Il trouvait étrange d’en avoir conscience mais il était bien un nain. Il était encore vêtu d’une armure de cuir et de plumes. Il cherchait le moindre souvenir mais rien ne venait.

« Tout ce que j’ai trouvé près de toi, c’était un fusil » dit le nain penché sur lui, désignant sa ceinture.
« Je suis Drakk Main-de-pierre. Et voici Niorma mon épouse » dit le nain à la barbe noire

Il se redressa en tremblant. Ses muscles n’obéissaient pas encore parfaitement. Sa ceinture était flanquée d’une giberne de cuir. Dans un soupir, il se laissa retomber sur le moelleux oreiller de plumes. Cela ne l’aidait pas à se rappeler.

« Maintenant que j’y pense, il y avait un nom gravé sur la crosse … Thordrim ! » dit Drakk

Ce nom ne lui rappelait rien mais il lui plaisait. Il était à nouveau vivant !

« Thordrim ? » dit-il
« Oui … je serais Thordrim » murmura-t-il en s’endormant.

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