Les Aigles de Wildhammer

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 [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie

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Durandill
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MessageSujet: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Lun 16 Mar 2009 - 19:05

Je pensais être la seule à craindre pour cette vie que le Fléau m'a rendue... Je me trompais. Seulement, ce n'est pas pour les même raisons. Si quelqu'un découvre que mon libre arbitre n'a pas été annihilé par cette liche qui se prétend roi, je ne donne pas cher de ma peau. Mais il y a ici autre chose qui n'est pas pardonnée, et qui se termine par la mort. Une mort horrible dans laquelle une âme ne saurait trouver le repos, tandis que le corps se relève pour n'être que de la chaire à canon, ou est découpée en morceaux pour former les pièces d'un abominable patchwork morbide.

La faiblesse.

Je l'ai vite compris, il n'y pas de place pour les faibles parmi les chevaliers de la mort. Il est clair que Vaillefendre ait pris du galon, car il est parti pour Naxxramas. Ses plans pour moi et Gelb semblent avoir été oubliés. Quelle ironie ! Dire que nous subissons cela à cause du piège qu'il a voulu tendre à mon frère et de ce qu'il espérait d'avoir un Wildhammer à ses ordres, voilà que tous ces plans machiavéliques sont oubliés. Gelb et moi ne sommes que des chevaliers de la mort comme les autres, et nous devons nous battre à chaque instant pour survivre. Ainsi est l'entrainement des chevaliers de la mort : c'est entre nous que nous nous battons, jusqu'à la mort.

Je me suis arrangée pour combattre d'autres chevaliers que Gelb, en les défiant rapidement, avant qu'on ne m'assigne un adversaire. Elle est peut-être ma seule alliée ici, je ne voulais pas risquer de devoir la tuer. Non, j'ai préféré combattre les plus forts d'entre eux. Quitte risquer ma vie à chaque instant, et puisqu'on m'en donne l'occasion, autant affaiblir le Fléau, et éliminer ses chevaliers les plus habiles, et d'une manière humiliante, pour qu'il n'y ait pas de doute quand ils sont à terre et que ma lame s'apprête à les décapiter. Les instructeurs ne m'ont jamais arrêté, et c'est tant mieux.

Même si ce n'est qu'une larme dans l'océan, je ferai mon devoir. Pour la Lumière. Pour le Clan.

Entends-tu ce cri silencieux dans ma tête, liche? A chacun de tes laquais que je renvoie à la poussière, il retentit.

Pour Wildhammer !


Dernière édition par Durandill le Mer 30 Sep 2009 - 10:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Jeu 30 Avr 2009 - 12:27

Le moment que je redoutais est finalement arrivé : l'entrainement est terminé. La nécropole, cachée dans les nuages, s'est mise en mouvement. Je distingue les montagnes qui bordent les maleterres, en contrebas. Les rumeurs circulent parmi les chevaliers, je perçois leur excitation aussi. Ils ont hâte d'aller au combat. Moi, j'en tremble. Heureusement, les autres doivent penser que c'est l'impatience.

Que vais-je faire? L'indécision me tenaille le cœur, et quand la nécropole ralentit, pour finalement s'immobiliser, je manque de défaillir. Je dois me reprendre, faire preuve de faiblesse maintenant serait désastreux. Je m'avance sur la terrasse à partir de laquelle nos troupes s'envolent pour la terre ferme, sur le dos de malheureux griffons mort-vivants. Quand je vois ce que sont devenus mes fiers et puissants compagnons, mon sang se fige dans mes veines. Tu paieras pour ça aussi, j'en fais le serment, liche.

Je détourne mon regard des sinistres montures, et observe la vallée en contrebas. Bordée par la mer à l'est, et par de hautes montagnes à l'ouest et au nord, je distingue, à travers la brume matinale, des fermes, des champs, des maisons. Plus loin, des murailles et autres fortifications. Ils sont bien protégés, mais pas du bon coté. J'ignore qui ils sont, mais ils n'attendaient pas à être attaqué par le ciel.

On me tend les rênes d'un griffon. Malgré ma répulsion, je monte sur son dos et m'envole vers la terre ferme. Je ne peux m'empêcher de flatter l'encolure squelettique, tout en retenant mes larmes. Pauvre griffon... Pauvre Prunille...

Mais je n'ai pas le temps de m'apitoyer sur mon sort, que déjà je touche terre, et me retrouve devant un officier qui aboie nos ordres. J'écoute à peine, cherchant toujours quelle décision prendre, déchirée par le plus cruel des dilemmes. Si j'obéis, je ne vaux pas mieux que les esclaves du fléau. Si je me rebelle, je serai sans doute tuée par ce même fléau. Et même si je survis, les humains qui vivent peut-être leurs derniers instants ne m'accueilleront pas, bien au contraire. J'ai vu les yeux des autres chevaliers, et les miens dans le reflet d'une mare de sang. Les yeux... Une fenêtre vers l'âme, disent les poètes... Les miens brillent d'une lueur malsaine, l'énergie runique dont nous tirons nos pouvoirs impies. Je porte la marque du fléau, et même si ceux que nous allons attaquer me voient tuer mes compagnons d'armes, ils croiront à un piège. Je pourrais me jeter à la mer, et nager vers le sud, jusqu'aux cotes des hinterlands... Je n'ai jamais été une bonne nageuse, y arriverais-je? Et même si c'était le cas... Et après ?

Voilà le choix qui s'offre à moi : le déshonneur de servir le fléau, la mort, ou la fuite... Devant ce choix, je ne peux m'empêcher de me demander si le roi-liche n'a pas fait exprès de me laisser résister à sa volonté, pour son amusement.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Ven 1 Mai 2009 - 9:34

"...ade écarlate".

Ces mots me font relever la tête, et sortir de mes sombres pensées. Mon regard se porte sur la vallée en contrebas. La brume choisit ce moment pour se disperser en partie, suffisamment pour me permettre de distinguer les grandes bannières sur les murs d'enceinte, et les drapeau au sommet des tours.

La croisade écarlate. Des fanatiques fous furieux abreuvés de haine, qui considèrent tout ce qui n'est pas humain et qui ne porte pas leur sanglant écusson comme un ennemi.

Les chiens qui ont emprisonné et torturé mon frère. Et Gelb. Elle est à mes cotés, elle sourit, elle va avoir sa vengeance. Elle a boité de sa libération du monastère à son assassinat, à Forgefer, mais en la relevant, le Fléau lui a rendu sa mobilité. Elle a hâte de courir au combat. Et, que la Lumière me pardonne, moi aussi.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Jeu 7 Mai 2009 - 10:15

Me voilà au cœur de la bataille. Quand j'étais prêtresse de la Lumière, je restais en retrait pour soigner mes compagnons. Désormais, je suis au contact, et il y règne une confusion totale. Les entrainements m'y ont préparé, bien sûr, mais je sais que cette confusion va me servir.

Je suis dans un conflit entre deux forces qui sont tout autant mes ennemies l'une que l'autre. Je me contente de me défendre, au début, afin d'analyser la situation. Si un chevalier de la mort est en difficulté, je me concentre sur un autre ennemi que les siens. Ça en fera toujours un de moins. J'essaie d'influencer chaque combat pour que meurent un maximum de chevaliers, mais sans les attaquer directement. Seule Gelb reçoit de l'aide de ma part, bien que ce soit rarement nécessaire.

Au fil des combats, mes anciens réflexes, à savoir tenter de faire appel à le Lumière, font que je développe une affinité particulière avec l'énergie impie. Les maladies que je propage terrassent mes ennemis aussi surement que mon épée runique. C'est le bouquet final : je deviens de plus en plus l'antithèse de ce que j'étais.

Je me rends vite compte que notre victoire est inéluctable. Chaque écarlate qui tombe se relève pour augmenter l'effectif du fléau, sous forme d'un pantin décérébré, chaire morte à canon dont seul le nombre et l'effet psychologique pallie à la faiblesse.

Cet endroit va tomber. Et ensuite...
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Mar 2 Juin 2009 - 11:04

C'est terminé.

Pas les combats contre la croisade, non. Il leur reste des troupes, et des rumeurs de renforts venant d'Atreval nous est déjà parvenue.

Les écarlates avaient capturé des membres de l'Aube d'Argent. Ces prisonniers sont tombés aux mains des chevaliers de la mort, désormais, et certains ont déjà été exécutés. Je viens de l'apprendre, en même temps qu'on m'a ordonné d'aller participer au massacre.

C'est terminé. Je n'ai plus de doutes désormais. Je sais ce que je dois faire. Je me précipite. Le commandant qui m'a donné mes ordres croit que c'est de l'empressement à accomplir ma mission. Mais je dois me dépêcher, si je veux sauver ces prisonniers. Je vais les aider à fuir. Pas pour qu'ils intercèdent pour moi, si jamais nous nous en sortons vivants. Simplement parce que mon honneur de Wildhammer l'exige. Parce que la Lumière l'exige. Parce que c'est ce qui est juste.

En arrivant à la cabane où sont les prisonniers, je vois un groupe de chevaliers maudits sortir. Mon visage se décompose. Ils me rassurent : ils m'ont laissé un nain pour que je puisse l'achever moi-même.

J'entre. Il est là, à genoux, enchainé, blessé. Autours de lui, dans la pièce, des cadavres portant le tabard de l'Aube. Et puis, il y a Gelb, accroupie devant le cadavre d'un draenei.

Le nain attend le coup qui ne vient pas. Il finit par lever la tête vers moi, et me regarde longuement. Nous nous reconnaissons mutuellement. Durandill me l'avait présenté, une fois que j'étais venue lui rendre visite, à l'époque où mon frère s'était installé à la chapelle de l'espoir. Barnölf Tristefer. Le paladin mélancolique, c'est l'effet qu'il m'avait fait. Il est probable que j'avais déjà rencontré ceux qui se trouvent ici, aussi, mais je n'ose quitter Barnölf des yeux. Il lève ses mains retenues ensemble par les bracelets de métal, essuie une larme sur ma joue.

Mon épée s'abat, brisant les chaines. Dans mon dos, je sens le regard de Gelb. A-t-elle compris? Va-t-elle frapper d'abord, et poser les questions ensuite ? Barnölf a compris, lui, mais il n'est pas d'accord. Il sent la présence du fléau, tout autours de nous. Il est blessé, faible, sans arme, pratiquement incapable de marcher. Condamné. Moi, j'ai une chance. Il accepte de mourir pour ça. Ce sont ses mots.

Gelb s'est approchée, dans mon dos. Elle ne comprend pas nos paroles, car nous utilisons le dialecte des nains, mais sans doute les devine-t-elle. Je me demande si elle connaissait ce draenei qu'elle a occis avant mon arrivée. L'Exodar n'était pas si grand, après tout. Combien y avait-il de personnes à bord ? Combien de temps ont-ils "navigué" dans le néant avant de s'écraser ? Se connaissaient-ils tous?

Peu importe Gelb. Barnölf me parle, de sa voix faible, mais calme. Il n'est pas résigné. Il est heureux de me savoir libre de l'influence du fléau, et de savoir que sa mort ne sera pas inutile, si je survis.

-Que fais-tu Prunille?

La voix de Gelb, glacée, interrompt Barnölf, me tire de mes pensées. Elle chuchote maintenant :

-Ne crois-tu pas que ce pauvre nain a assez souffert? Tu veux qu'il connaisse un sort pire que la mort? Tue-le maintenant et rapidement, tu ne peux plus rien pour lui et tu éviteras de souffrir!

Bien que sa voix est sans pitié, Gelb me laisse entrevoir, durant un instant, une lueur d'humanité au fond de ses yeux.

Elle reprend d'une voix normale alors que son regard redevient dur et cruel :

- Si tu ne t'en sens pas capable, je le ferai moi-même et je rapporterai au Baron que tu es faible...

Je ressers ma prise sur la garde de mon épée. Mais je ne la pointe pas sur Barnölf. Je ne crie pas, mais la détermination dans ma voix vaut tout les hurlements.

- Non, par la Lumière, tu ne t'approcheras pas ! As-tu oublié qui tu es ? Moi pas. Je suis Prunille Forgeciel, du clan Wildhammer. La croisade peut bruler, je m'en moque, mais tu ne toucheras pas à un membre de l'Aube d'Argent.

Un sourire fugace apparait sur le visage de Gelb.

- Je vois vous que nous nous comprenons parfaitement.

C'est un immense soulagement. Je ne suis plus seule.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Mer 30 Sep 2009 - 14:32

Nous sommes trois. Ils sont des centaines, des milliers peut-être, maintenant que les morts de la croisade ont rejoint le fléau. Mais nous savons ce qui doit être fait. Notre détermination est sans faille.

Nous sommes deux. L'éclat dans les yeux de Gelb s'est soudainement intensifié. Etait-ce un piège?

Il est seul. Pauvre paladin, seul au milieu des morts, blessés et sans arme. Il ne fait pas un geste pour éviter la lame runique. Il pleure pour les vies perdues, mais pas pour la sienne. Sa tête roule sur le sol.

"Votre petite rebellion m'a suffisemment amusé. Il est temps de vous remettre au pas, chevaliers de la mort."

La voix du roi-liche explose dans mon esprit, l'énergie runique s'intensifie à son paroxisme et brûle dans chaque pore de ma peau. Ai-je baissé ma garde face à Barnölf? Ou n'ai-je jamais vraiment été libre, jouet livré aux caprices d'un maitre impitoyable?

Gelb et moi sortons de la chapelle. Je nettoie le sang sur mon épée avec le tabard arraché au cadavre du nain. J'aimerais lever mon épée pour couper les fils, mais ma volonté ne suffit pas à libérer cette marionnette de l'emprise du roi-liche. Prisonnière de la plus terrible des prisons, mon propre corps, je me dirige vers l'Achérus pour recevoir mes nouveaux ordres.

J'envie Barnölf Tristefer. Lui a trouvé la paix.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Mar 23 Mar 2010 - 13:29

La croisade a été balayée. Les renforts venus d'Atreval ont subit le même funeste sort, et ils se relèvent par centaines pour servir le roi-liche. Les chevaliers de la mort ont accompli leur terrible mission, et se dirigent maintenant vers l'autre poche de résistance des maleterres : la chapelle de l'espoir de Lumière. Et je suis parmi eux.

J'ai déjà une victime à mon actif. Non, c'est bien plus que ça. Je me suis voilée la face, les membres de la croisade ne sont pas tous corrompus. Des humains qui ont tout perdu et qui n'ont trouvé que cette voie pour survivre. Certains ont enlevé et torturé mon frère, c'est vrai, mais devais-je pour autant accepter de tous les massacrer sans distinction?

J'ai du sang sur les mains, et bien plus que celui de Barnölf. Étais-je moi-même? Je l'ai cru, alors qu'est-ce que ça change?

Les troupes du fléau chargent. Je sens l'emprise du roi-liche faiblir. Il concentre son attention ailleurs, tandis que les défenseurs de l'Aube d'Argent se jettent dans la bataille. Je suis libre à nouveau. Est-ce un autre piège? Peu importe, je prends le risque. Qu'ai-je à perdre? J'ai déjà tout perdu, y compris ma vie. A mes coté, Gelb me jette un regard éloquent. Elle aussi doit se sentir plus libre. Au milieu de la mêlée, nous nous retournons ouvertement contre le fléau, Gelb couvrant mes arrière tandis que j'attaque les chevaliers de la mort dans le dos.

Après avoir terrassé un énième adversaire mort-vivant, je me retrouve face à un paladin. Je ne réfléchit pas. Si la mort doit venir, autant que ce soit par un défenseur de la Lumière. Je lève mon épée et crie : Pour la Lumière ! Pour Uther ! avant de lui tourner le dos pour combattre mes semblables.

Aucune lame ne vient perforer mon dos, aucune douleur ne met à genoux. Je peux continuer mon oeuvre de mort encore un peu.

Mais alors que nous sommes supérieurs en nombre, le combat tourne en notre défaveur. Tirion Fordring apparait, et la duplicité du roi-liche à l'égard de son général est révélée. Mograine se détourne lui aussi de son maître, et Fordring le met en fuite... Le roi-liche, en fuite. Je n'ose y croire. La suite est irréelle : Mograine promet de mener la Lame d'Ébène dans le combat contre le roi-liche, et tous nous sommes libres.

Il reste à reprendre l'Achérus aux forces du fléau restées fidèles à Arthas, mais je n'en ai cure. Je ne veux par retourner dans cet endroit maudit. Mais je ne peux rester non plus sur la terre sacrée de la Lumière, je ne veux pas être reconnue.

Je fuis à travers les Maleterres, loin, seule.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Lun 23 Aoû 2010 - 14:45

Je passe les jours suivants à courir à travers les terres désolées qu'on appelle maleterres. Elles sont comme moi : mortes, souillées par le chancre, porteuses des pires maladies. Elles me rappelles ce que je suis. Je profite de la nuit pour descendre la rivière qui entre à Hautebrande. Je ne veux ni entrer dans les Hinterlands par les montagnes, ni m'aventurer trop près du camp du Noroit. Je ne peux pas passer par la barricade à cause des réprouvés.

Alors je décide de laisser le courant m'emporter vers la mer, vers Austrivage. Je dissimule ma sombre armure dans un trou entre deux rochers avant de me jeter dans l'eau glacée. Je glisse et m'étale sur la glace. Abasourdie, je constate que l'eau à gelé près de la rive ou je me tenais. Je m'avance sur la rivière, et à chaque pas, la glace s'étend. Mon corps serait-il si froid dans la mort?

Un pas de plus, je suis au milieu de la rivière. La glace s'étend encore, mais j'entends un craquement derrière moi. Le courant a fait céder cette partie de mon petit iceberg qui le retenait à la berge. C'est sur un radeau de glace que je commence mon périple.

Emportée le courant jusqu'à la mer, je me laisse dériver. Je voulais quitter ces terres maudites qui m'ont vue mourir et renaître, c'est chose faite. Et maintenant? Je ne peux pas retourner chez moi. Pas dans cet état. Épuisée par des jours de combats et par ces derniers évènement, je finis par m'assoupir sur cet esquif.

Jusqu'à ce que je sois réveillée par un cri rauque : "Mrgblblblblmbl !"
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Lun 11 Oct 2010 - 11:27

Mon frèle esquif longe une cote. Des huttes grossières sortent des créatures bleuâtres à l'aspect d'amphibien. J'en ai déjà vu lors des mes voyages, ce sont des murlocs. Ils m'ont toujours attaquée en nombre, et ont toujours fuit dès que ça tournait en leur défaveur, mais cette fois, ils ne bougent pas. Ils n'attaquent que les vivants. Ou alors, ils sont trop abasourdis par l'étrange spectacle que procure une naine dérivant sur un bloc de glace dans leurs eaux tempérées.

Je continue de dériver, emportée par les courants. Je ne ressent pas la morsure du froid de mon iceberg, ce qui est logique vu que c'est ma propre puissance runique qui la génère. J'essaie de me concentrer pour ne pas geler l'eau, mais je n'y arrive pas. Dès que je me déplace, l'eau gèle autours de moi. Je me demande... Si je me rendormais, et que je me tournais dans mon sommeil, le phénomène me suivrait-il pour m'empêcher de tomber à l'eau? J'essaie de courir, je ne réussis qu'à laisser une trainée de glace derrière moi.

Puisque je suis incapable de ne pas utiliser ce pouvoir, je me décide à en faire quelque chose. Les courants marins m'éloignent de la cote, et je ne peux pas ramer avec les mains, alors j'essaie de me façonner une rame en glace. Manier cette énergie m'occupe l'esprit, et j'y éprouve une certaine fascination, à utiliser cette magie maudite pour créer plutôt que pour détruire, même si ce sont d'éphémère structures de glace. J'ignore combien de temps cela m'a pris, mais la nuit a fini par tomber, et je ne sais ou ramer. Je décide de me reposer et me rendors.

Une violente douleur me réveille. Mon épaule est transpercée, j'ouvre les yeux, cherchant un ennemi, et ne trouve que l'océan : une tempête s'est levée, les vagues sont hautes, et l'une d'elle a gelé juste avant de m'atteindre, devenant une lame de glace. Je cherche ma rame des yeux, mais elle a du tomber à l'eau. Mon radeau est balloté dans tous les sens, et je sais que je risque de me faire blesser à nouveau par l'océan déchainé. J'approche mes mains des vagues qui heurtent les bords de mon glaçon, et peu à peu érige ainsi des murs pour me protéger. Une vague plus forte que les autres nous emportent, mon esquif et moi, jusqu'à nous retourner. Mon pouvoir fait le reste : je me retrouve enfermé dans une grossière boule de glace, emportée par la fureur de l'océan. Je suis à l'abri des vagues, mais pas des chocs. Une autre vague m'emporte très haut, et le choc du retour sur mer m'assomme pour de bon.

J'ignore combien de temps a passé, mais quand je me réveille, c'est sur une mer d'huile. Le soleil a fait fondre le sommet de ma maison de glace, et j'ai l'impression de naviguer dans une coquille de noix. Cette forme offre plus de protection face aux vagues, si jamais cette étendue d'eau en connait d'autre. Ce calme après la tempête semble vouloir durer éternellement. Il n'y a plus aucune cote à l'horizon. Je vais peut-être mourir ici.

Je ne sais pas si j'ai vraiment besoin de me nourrir, ou si c'est une habitude à perdre. J'utilise mes dons avec la glace pour m'en faire une sorte de lance, et pêcher ainsi, mais je me rends vite compte qu'il est plus simple de geler l'eau ou se trouve ma proie. Mais la soif était pire que la faim. Comme dit la chanson entendue un soir dans une taverne portuaire:

« L’eau, l’eau partout,
Et pas une goutte à boire. »

Et comment boire quand tout ce que je touche gèle sur place? Je n'avais pas ce problème sur l'Achérus, mais à cette époque j'utilisais instinctivement la magie impie. Heureusement, toutes mes manipulation de glace ont fini par m'aider à maitriser cette énergie. Je pus ainsi boire un peu d'eau de mer, mais il me fallait autre chose. La tempête suivant me permettra de récolter un peu d'eau de pluie, et c'est ainsi que je traverse l'océan. Ma bulle de glace fini par s'échouer sur les cotes d'une île-arbre : j'ai atteint Teldrassil.
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MessageSujet: Re: [Prunille] Premiers pas dans la chevalerie   Jeu 25 Nov 2010 - 16:32

Les elfes m'accueillent. Ils savent ce que je suis, mais cela ne semble pas les émouvoir. Peu à peu, je découvre ce qui s'est passé après l'Achérus. La Lame d'Ebène, pardonnée de ses crimes, est en Norfendre pour aider à vaincre le Roi-Liche. J'ai peine à le croire, et pourtant, comment expliquer que les elfes me laissent vivre, me soignent, me nourrissent?

Logée près du temple, je m'y rends toutes les nuits. Les elfes vivent la nuit, sous la Lumière d'Elune, leur déesse. Les prêtresses la servent, comme moi je servait la Lumière, il y a longtemps. Des siècles, j'ai l'impression. Silencieuse au début, je finis par parler et me confesse à l'une des servantes d'Elune. Ma vie, ma mort, mes crimes et ma croisière. Je ne tais rien, et partager tous ces lourds secrets avec cette inconnue, alors que je n'ose reparaitre devant ma famille, me soulage. Un peu.

Les jours passent, deviennent des semaines, puis des mois. Quand enfin je quitte Darnassus, juchée sur le dos d'une magnifique femelle sabre-de-givre, j'ai retrouvé un peu de paix intérieure. Les elfes n'ont rien pu faire pour mon état. L'énergie qui coule dans mon corps et dans mon âme me lie au fléau et au Roi-Liche. Sa mort, peut-être, pourrait me libérer.

J'ai à nouveau un but. Aucune certitude, mais tout vaut mieux que l'inaction. Quand Arthas sera vaincu, peut-être pourrai-je revoir les miens, les Wildhammer. Pour l'instant, la honte m'en empêche.

Et les jours se remettent à filer comme le sable entre mes doigts. Et chaque bataille, chaque membre du Fléau qui succombe à mes coups, me rapproche de mon objectif. Inlassablement, je poursuis la route que je me suis tracée, jusqu'aux portes de la noire citadelle du Roi-Liche.

Je ne suis qu'une parmi des centaines : nains, humains, gnomes, mais aussi orcs, trolls, taurens... Tous se sont réunis devant Angrathar. J'assiste de loin, méfiante, aux rencontres entre Bolvar Fordragon et Dranosh Saurcroc. Je n'entends rien à leurs palabres, mais il n'y a pas de tension entre l'Alliance et la Horde, ici. Bientôt, nous frapperons, je le sais.

J'écris, pour la première fois, à ma famille. Je les rassure. Je leur dit ou je suis, et ce que je fais. Pas ce que je suis. Cela viendra plus tard, peut-être. Le combat final approche, je le sens, et cette lettre, c'est aussi le moyen de leur dire adieu. Au cas où...

Il est là, devant moi. J'ai cru que j'allais mourir rien qu'en le voyant, superbe dans son armure, son épée à la main. Il fait face à Bolvar Fordragon. J'entends sa voix... "Bien parlé !" Je suis tétanisée. Mais il ne m'a pas vue, et sous mon lourd casque de plaque, comment me reconnaitrait-il? Même s'il est mon frère. Il ne reste pas longtemps : sifflant son griffon, Durandill s'envole vers le sud, et Bolvar, depuis ne cesse de le guetter.

Il est revenu. En Aigle de Wildhammer, il a nettoyé le ciel des dragons morts-vivants. J'ignore comment, mais qu'importe. Bolvar lui confie le commandement de la base pendant qu'il mène l'assaut. Pendant qu'il nous mène à l'assaut. Je suis parmi les combattants, et fière de me battre contre ces maudites abominations. C'est la que les Vrykuls interviennent, mais le cor sonne et aux cris de "Lok'tar ogar", Dranosh mène ses troupes à nos cotés.

Enfin, le dernier mort s'écroule. Enfin, la porte s'ouvre. Enfin, nous faisons face au roi-liche.

Enfin... libre...
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